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Enfants inattentifs? Oui mais pourquoi?

Publié le 8 février 2015 à 10:25 Comments commentaires (27)



En tant qu'humain, c'est tout naturellement que nous cherchons un rythme unique et structurant, que ce soit (dans la petite enfance) les battements de coeur de notre mère, le rythme de son pas, un échange de voix ou les sons de la nature, ou encore (plus tard) le rythme des mots alors que nous lisons, pensons ou écrivons, ou bien notre propre rythme dans nos activités quotidiennes. A tout moment, nos sens sont "bombardés" de centres de focalisations possibles. Nous pouvons ensuite commencer à apprendre efficacement quand nous entrons en résonnance avec un seul objet distinct et ne faisons plus attention aux distractions. Cette dynamique est le point crucial d'un système naturel subtil: le processus d'apprentissage.


Comment focalisons-nous notre propre attention? L'attention est-elle surtout une part de survie ou peut-elle tout simplement apparaître naturellement?


En fait, les deux types d'attention existent.


Dans la petite enfance nous apprenons à faire attention de deux manières fondamentales :

  1. L'attention avec un but et
  2. L'attention réactive
L'attention avec un but est un état qui apparaît quand nous sommes dans un état d'équilibre - détendus dans l'instant en nous contentant simplement d'"être". Quand nous atteignons cet état, tout notre attention est dirigée vers quelque chose qui nous attire, nous motive et nous nourrit. A ce stade, tout notre système sensoriel est engagé dans le processus d'apprentissage.

L'attention réactive est un état qui manifeste le fait d'"essayer" et un comportement plein d'effort. Nous atteignons cet état dans le stress, par réaction de fuite ou de lutte à tout stimulus qui nous fait perdre l'équilibre et dont la seule envie est de nous éloigner de ce qui nous effraie ou nous irrite.

Tandis que nous explorons notre monde, des stimuli intenses et inhabituels (comme de grands bruits ou des lumières éblouissantes), tout comme l'absence de stimulus peuvent nous distraire d'une attention avec un but.

L'attention réactive qui provient de la peur, du stress ou d'une distraction est en fait une recherche de sécurité (tout simplement!). Elle est stimulée par le tronc cérébral qui nous indique qu'il y a un "danger" ailleurs et que ce danger-là est bien plus important. Et tant que nous ne nous sentons pas en sécurité dans l'espace où nous nous trouvons, aucune forme d'intelligence rationnelle ne peut se développer. Ce qui affecte inévitablement notre apprentissage.

On parle parfois d'enfants "inattentifs" ou souffrant d'un "déficit d'attention". Le fait est que ces enfants en état de veille, sont attentifs à quelque chose de plus important pour eux à ce moment précis (danger!). Ils apprennent alors sous stress et dans l'effort, car pour apprendre dans un but de survie, ils doivent écarter leur attention de ce qui les intéresse réellement. Ils évoluent alors dans un état de lutte ou de fuite qui les oblige à se concentrer à l'extrème sur ce qu'un autre a décidé être important pour eux.


Comme vous pouvez le voir, la différence entre l'apprentissage basé sur la survie et l'apprentissage naturel et créatif est grande.


La manière dont nous regardons les mots, nous écrivons, nous bougeons et nous nous écoutons penser alors que nous lisons peut instaurer en nous un rythme aisé et plaisant ou au contraire discordant et stressant - et il y a un temps et un lieu pour chacun.


L'important est : sommes nous capable de revenir à nos propres rythmes ou sommes-nous en train de nous figer dans des schémas de stress?


Les activités prévues en Education Kinesthésique nous aident à restaurer un rythme d'apprentissage, naturel, joyeux et plus intégré. Nous découvrons comment centrer notre attention, équilibrer nos réactions réflexes et nous diriger volontairement vers un but bien précis.


Référence : Livre "Apprendre par le mouvement" - Paul Dennison

Mouvements primitifs et réflexes archaïques

Publié le 28 janvier 2015 à 16:40 Comments commentaires (1)



Les mouvements et réflexes primitifs (archaïques) sont des mouvements automatiques et spontanés qui sous-tendent tous nos mouvements volontaires. Il apparaissent avant ou pendant la naissance et se trouvent généralement intégrés dans des schèmes de mouvement plus complèxes dès l'âge de 4 ou 6 mois.


Ils se développent par réaction à notre intéraction avec le monde qui nous entoure et constituent la base de tout notre développement cognitif, moteur et émotionnel, qui déterminera notre manière de gérer l'activité tout au long de notre vie. Ils sont nécessaires, par exemple, au développement du tonus musculaire et postural, à notre capacité à lever la tête et le corps contre la gravité et dans toutes les positions, à l’intégration des sens, nous retourner, ramper, marcher à 4 pattes, nous mettre debout, s'asseoir, sauter, courir, etc.


Si ces réflexes simples et précoces ne se développent pas comme prévu, les schémas plus avancés seront absents, faibles ou incomplets. Ils ne feront donc pas partie de notre répertoire de mouvements automatiques. Les réflexes resteront fixes ou statiques, influençant ainsi tout notre développement futur, que ce soit pour penser, ressentir et agir (sphère motrice, cognitive et émotionnelle). Cela peut engendrer beaucoup de difficultés dans tous les apprentissages de la vie et la scolarité.


Concrètement, que se passe-t-il si certains réflexes ne sont pas intégrés?


L’intégration incomplète ou partielle des réflexes peut être une cause de différents troubles, à différents niveaux. De la manière dont un bébé rampe, par exemple, on peut voir s'il aura les genoux ou le dos fragiles quand il sera plus âgé. Cela peut également provoquer un syndrome de la région lombaire ou des problème au niveau sacro-iliaque, au niveau des genoux, des chevilles et de la nuque. Un autre exemple avec les enfants qui ne transfèrent par leur poids sur toute la surface du pied, plus tard ils auront peut-être les pieds plats ou des chevilles qui se tordent ou se cassent facilement parce qu'ils ne répartissent pas correctement leur poids dessus.


D'autres causes, comme les troubles du comportement, le TDA/H - trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité, la dyslexie, le trouble du spectre de l’autisme, le manque de concentration, marcher sur la pointe des pieds, s’asseoir les jambes en w, le retard du développement, l’hypersensibilité émotionnelle, les difficultés en lecture, les difficultés visuelles ou auditives, la timidité excessive, le manque de confiance, la dépendance, l'impulsivité et l'agressivité peuvent également venir de réflexes mal intégrés.


C’est donc en travaillant sur ces schèmes de mouvement que nous transformons les difficultés vécues en intégration.


l’Intégration Motrice Primordiale (IMP) est une approche fonctionnelle et éducative qui permet d’identifier et d’intégrer les réflexes et réactions non-intégrés à l’aide de mouvements et de procédures de remodelage simples et aisés. Les exercices proposés pourront ensuite être pratiqués à la maison, seul ou à l’aide d’un partenaire.


La pratique peut se faire avec des bébés, des enfants, des adultes et des seniors (y compris les personnes en situation d'handicap, en phase de récupération après une blessure, les sportifs et les danseurs).


Référence: Livre "Sentir, ressentir et agir" - Bonnie Bainbridge Cohen / Body-Mind Centering 

L'auto-observation

Publié le 9 avril 2014 à 16:10 Comments commentaires (0)


Lorsque nous étions petits, nous avons tous appris à penser, à lire et à écrire en observant ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. Malheureusement en grandissant, beaucoup d'entre nous finissent par écouter ce que d'autres pensent être le mieux et non pas ce qui marche réellement. Pourtant, il nous est toujours possible de remédier à ça et changer notre point de référence sur l'observation de nos mouvements. Nous créons ainsi le contexte d'un nouvel apprentissage.

Dans l'éducation, l'attention à nous-mêmes s'appelle "avoir un point central de contrôle". C'est une aptitude importante pour l'apprentissage. Cela veut dire que nous sommes capables d'observer si nous sommes vraiment en train d'apprendre ou si nous sommes seulement en train de nous gaver d'informations (et sans doute dans un tel état de stress que celles-ci seront très vite oubliées).


Avec certains enfants, les facultés d'observation doivent être enseignées. Lorsqu'un enfant est sous stress et tendu, il ne peut pas se relâcher suffisement pour ressentir la façon dont il bouge. Et sans cette conscience, il ne peut apprendre à initier son propre apprentissage. Les adultes qui les côtoient (enseignants, éducateurs, parents) devraient prendre un petit moment pour aider les jeunes apprenants à :

  1. Observer comment ils apprennent (la manière dont ils bougent les yeux, les mains et le corps entier)
  2. Reconnaître quand ils ont appris quelque chose
  3. Identifier ce qu'est un apprentissage et
  4. Imaginer quelle pourrait être la prochaine étape appropriée

Il est également important que les adultes fassent la distinction entre ce qu'un élève a réellement appris et ce qui ne l'est pas encore. Ensuite, de le faire remarquer à l'enfant : Es-tu encore entrain d'apprendre ou l'apprentissage est-il maintenant acquis?


En Education Kinesthésique, une des premières choses que l'on apprend, c'est à nous observer. Faire attention à nos propres pensées, sentiments, tensions musculaires ou processus physiologiques est la première étape pour être capable d'accomplir quelque chose différemment. La capacité à observer, à prendre des décisions et à avoir suffisamment d'autodétermination pour créer des changements dans notre vie est la base de ce que nous appelons le plaisir véritable.


A toutes les étapes du développement de l'enfant, plus nous les invitons à être attentifs, à faire des choix et à participer activement, mieux nous soutenons la maturation de leur esprit de décision.


Référence: Livre "Apprendre par le mouvement" - Paul Dennison


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